( AFP / MARCO BERTORELLO )
La maison d'édition britannico-américaine Penguin Random House a annoncé mardi déposer plainte en Allemagne contre OpenAI, le créateur de Chat GPT, accusant son intelligence artificielle d'avoir enfreint les droits d'auteur de livres allemands pour enfants.
Il s'agit de la série "Der kleine Drache Kokosnuss", l'histoire d'un dragon nommé Noix de coco qui ne sait pas voler, de l'illustrateur allemand Ingo Siegner.
La plainte a été déposée devant le tribunal régional de Munich contre OpenAI Ireland Limited, un fournisseur de ChatGPT, selon un communiqué de cette maison d'édition détenue par le géant allemand des médias Bertelsmann.
Avec de "simples requêtes", le chatbot à succès "restitue de manière reconnaissable" des contenus protégés par le droit d'auteur de M. Siegner et génère des illustrations du dragon "qui ressemblent à s'y méprendre à l'original", dénonce-t-elle.
Des "indices clairs" existent en outre que les oeuvres d'Ingo Siegner "ont été utilisées illégalement pour l'entraînement du système d'IA" et sont mémorisées par le chatbot.
Penguin Random House estime donc que les droits d'auteur de l'illustrateur, ainsi que les droits exclusifs d'utilisation et d'exploitation détenus par sa filiale cbj, ont été violés.
Le géant de la Sillicon Valley, malgré une demande de cessation et d'informations, n'a pas réagi, assure Penguin Random House.
Contactée par l'AFP, une responsable d'OpenAI pour l'Europe n'avait pas réagi dans l'immédiat.
En janvier 2025, Bertelsmann avait passé un accord avec OpenAI pour généraliser l'usage du chatbot dans ses activités, concernant aussi Penguin Random House.
Pour la maison d'édition, l'objectif de ce partenariat était d'émettre des recommandations de livres personnalisées sur les réseaux sociaux.
"Nous sommes fondamentalement ouverts aux opportunités offertes par l’IA, mais la protection de la propriété intellectuelle reste pour nous une priorité absolue", assure Carina Mathern, directrice éditoriale de sa section jeunesse.
Penguin Random House réclame aussi "d'avantage de transparence" pour les lecteurs avec "des mesures de protection adéquates".
"L'IA ne doit pas se développer au détriment de ceux qui créent les contenus", a réagi dans un communiqué séparé le syndicat des éditeurs allemands.
Celui-ci appelle les tribunaux à "définir clairement à partir de quel point commencent les appropriations illicites".
En novembre, les acteurs de l'industrie musicale allemande avaient remporté une première victoire judiciaire contre OpenAI, accusé d'avoir transgressé les droits d'auteurs liés aux textes des chansons.
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